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Si ça continue va falloir que ça cesse
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moi aussi et ... mon blog qui est a moi !!
Boh eh ben ??? Qu'est-ce que c'est que ce bronx ?? Hier mon blog il a la tête de mon blog et il a mes notes jusqu'à la dernière de fin juillet quand la Celia elle me met des défis trop coton, et la, je reviens, ce matin et pouf, 10 notes en moins, flash-back en octobre 2006 ?? (voix larmoyante et mascara qui coule) ... "je demande aux ravisseurs de mes notes de bien vouloir me les rendre, je vous denoncerai po a la police, je voudrais seulement les récupérer, ce sont des notes toutes jeunes, même pas un an, s'il vous plait, ne leur faites pas de mal".... Merci....
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moi aussi et ... ma nouvelle maison
Ce weekend, po de voilier, je déménage. Ça tombe bien, j’avais qu’un seul weekend de libre pour me reposer ce mois-ci, le reste, c’est certes du plaisir mais certes aussi fatigant et douloureux (cherchez pas, c’est le voilier, encore et toujours), donc là, pile poil ce weekend rien. Pas de cordes à tirer, de voile à hisser, de bord à virer, et de nouvelles surfaces de mon corps non encore bleuies à explorer. Donc je me suis dit « tiens, si je déménageais ». Ca m’a prise il y a dix jours. A ma décharge, en Nouvelle-Zélande on déménage aussi facilement qu’on décapsule une bière. Et vous avez dû saisir que c’est pas un gros défi. En fait, le truc c’est que le voilier, je vous apprends rien, ça se passe essentiellement sur l’eau. Dans l’eau pour Shelby mais pour la plupart des gens c’est sur l’eau. Et pis en général, à moins d’être malade, on voit le paysage autour de l’eau. Et c’est beau. Mais c’est un jour par semaine et encore, ça pas être tous les mois intense comme j’ai fait. Boh non hein, je tiendrais po. Sauf que c’est comme tout, on s’habitue, au beau. Ben ouais. Comme mon appart, il est beau et j’aimerais pas qu’on me traîne par mes bois de renne pour me faire redéménager dans le petit trou dont on s’était fait virer le mois dernier. Mais autour de mon appart, y a PitStop, spécialiste des amortisseurs et des silencieux, Autobody Car Repair, spécialiste des trous dans les voitures des gens qui avaient po de bons amortisseurs et Autoéco, spécialiste des voitures des gens qui veulent changer de modèle pour un avec amortisseur et po de trous. Autant vous dire que je vois po des masses la mer. Alors qu’elle est à deux pas. Ouais, enfin à 30 min à pied. Et que c’est beau. Donc jeudi y a 10 jours, j’ai décidé que j’allais déménager au bord de la mer. Et voilà, je suis devenue une fidèle abonnée des petites annonces de Trade Me, le site qui vend tout (y compris des gens et des cartes de la Nouvelle-Zélande réalisées au point de croix, 2euros 50, à ne pas rater) et a na commencé mes visites. Ça vaut pas mes visites d’appart à Paris, ici y mettent pas les cabines de douche en dessous des lits en mezzanine, y z’ont plutôt l’esprit pratique. J’ai même commencé par une maison tout droit sortie de Marie-Claire Maisons. Ah, pendant que j’y pense, je loue une chambre dans une maison, hein, po toute la maison. Ben non. Avec toute la thune que je dépense dans des chaussures, je ferais comment pour payer ? Faut être raisonnable, quand même. La première maison, le mossieu, Eric, il l’a toute construite lui-même. Et coup de bol y construit bien les maisons. Deux étages, un couple, un autre gars et une chambre vide qui, ma foi, ferait bien mon bonheur. Avec la fenêtre qu’il y a dans cette chambre, même au creux du fond de votre lit, vous voyez la mer. Tout en parquet et en murs blancs. Le seul stress : un bouquet au milieu de chaque table immaculée. Pas un peu au milieu. Pas posé là vite fait en rentrant des courses. Non. Au-mi-lieu. A exacte distance des bords et de tous les bords que vous pouvez trouvé. Et un peu le style à manger le toast de la main droite avec l’éponge dans la main gauche pour nettoyer les miettes tout de suite. Je sais pas faire ça. Je fais mon ménage, chui toute éduquée, bien dressée, mais je tolère les miettes situées à la verticale de mes toasts le temps d’ingérer ledit toast et encore quelques minutes après sans avoir besoin de me ruer sur l’éponge. Bref. La maison de rêve toute belle comme un catalogue de coloriage mais moi je dépasse des bords. Donc po pour moi, la maison. Po grave, Trade Me regorge de ressources. Y a l’appart de Dean, très bien, appart tout neuf, tout blanc avec moquette bleue, jolie déco, po chère, mais coloc heu triste. Très triste. Le problème, c’est pas l’appart, c’est Dean. Et ouais. Donc non. Ensuite, Greg et Rob. 18 et 47 ans. Premier boulot pour l’un et premier divorce pour l’autre donc ils atterrissent ensemble tout naturellement. Oui ben je vais passer mon tour sur ce coup là, je cherche une maison, pas un centre de SOS amitié. Ok, c’est pas sympa de ma part mais ça va, c’est bon, l’Association de la Déprime Internationale, je suis dans le comité de soutien depuis quelques années maintenant, je suspens mon adhésion ou en tout cas, je vais po être assez bête pour cocher la case exprès. Et Ariana et Kerrie. Ariana dont la première question a été « Trouves-tu un quelconque intérêt aux hommes néo-zélandais ? » quand j’ai visité l’appart… Euh pourquoi ? J’ai le club des Kiwis Chippendales qui dort dans ma chambre, alors si j’aime po, je vais galérer ? « Heu ben y en a des intéressants oui… » « Ah bon… Tu crois ? » ok je crois que je vois là où tu veux en venir. « Kerrie et moi on est un couple homo (heu merci de me le dire mais ayant Kerrie et toi face à face, je me doute que si vous êtes un couple, vous êtes un couple homo ou alors faut que je revois mon étalonnage en matière de physique homme-femme), j’espère que ça te gêne pas ». Boh alors la question se pose po pour moi, mais le fait que toi tu me charcutes sur le thème « bouh les hommes c’est nul » sans le style de Florence Foresti, j’ai un peu peur que mon style de vie te pose un problème. On s’est bien entendu, l’appart est tout mignon et ça me plait bien, mais j’ai quand même un souci avec le lit auto-rabattable dans le mur. Nan. Vraiment. Avec tout ce qui m’arrive, le lit qui est réglé pour se ranger tout seul à la verticale dans son trou de mur, je sais pas, je me méfie. Prochain sur la liste : « rez de chaussée à louer dans maison cool avec 2 gars cools, belle vue, 90 euros par semaine ». Presque trop beau pour être vrai. Pfff pis un peu ras le bol de visiter, chai po, j’hésite. En plus ils insistent pour que je vienne, c’est louche cet entrain à me faire venir. Mais Karen aime visiter les maisons, elle me pousse un peu donc on y va. Youhouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu c’est là que je veux habiter. Une tite maison, en haut de la colline, surplombant la mer, cachée derrière une église. Po humide, po de garage en vue, seulement la mer et la mer. Et une école primaire et une église donc. La maison appartient à l’église. Il faut ouvrir et fermer l’église tous les jours si le coloc principal, le fils du prêtre, n’est pas là, vu qu’il travaille souvent au nord du pays. Ca promet pas des occasions de rigoler, ça ? Au risque de les effrayer, j’ai du bien attendre 2 secondes trente (le temps du dire crocodile deux fois, comme pour les distances de sécurité pour texter le coloc qui avait organisé la visite, pour dire que oui oui oui j’étais preneuse, bien dressée et facile à vivre et désespérément intéressée par la maison ! Tellement intéressée que j’en ai gardé mon portable allumé au ciné, ouh là là c’est mal, mais j’ai bien fait paske c’est le moment que Jymi, le coloc souvent absent et en l’occurrence absent au moment de ma venue, a choisi de m’appeler. Du coup j’ai raté une partie du film « l’Enfer » mais vu tous les moment glauques que j’ai pas ratés dans ce film, une ptite coupure m’a po fait de mal. J’ai eu ma ptite entrevue au téléphone, pour savoir si j’essuyais les assiettes après mes repas, si j’avais po tendance à déménager comme ça par coup de tête, oh ben po du tout, j’ai décidé y 6 jours que je voulais déménager demain alors t’as qu’à voir, etc, etc. A priori ça s’est bien passé, paraît que je sonnais « lovely », ce qui est totalement anormal pour moi au téléphone, j’ai plutôt une voix d’outre-tombe généralement paske je déteeeeste le téléphone, aime po aime po aime po à part les sms, ça c’est bien les sms, mais bon, du moment que ça convient à Jymi, comme style, je vais po le contrarier, oui oui je sonne lovely. « On te donne la réponse demain ». Bon ben je voudrais être déjà demain. Allleeeeez viteeuuuh ! On dort et ça y est on est demain. J’ai campé sur mon téléphone toute la matinée… « Tu viens chercher un café ? » « nan nan c’est bon, j’attends un appel »… « Tu peux passer dans mon bureau ? » « mais euh piske je te dis que j’attends un appel »… Pfff merci de m’avoir monté un café mais maintenant avec ma vessie d’enfant de 2 ans, va falloir que je m’éloigne de mon téléphone. Argh. Evidemment, c’est à ce moment là qu’il a sonné donc j’ai pas pu décrocher et que c’était Jymi, et pis après, pu de crédits pour rappeler et écouter mon message, mais heuuuuuuu je la veux moi, cette maison !! Bon, j’ai pas que pas de chance, donc j’ai eu le message ET la maison, wow ! Et je déménage deux jours plus tard. Ca c’était y a dix jours, mais depuis j’ai donc déménagé et ma maison elle est trop bien, ouais, et comme je viens d’avoir internet, ben a y est, j’peux vous le raconter. A y est, c’est fait.
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Moi aussi et ... la perplexité
Boh à la voile y s’est rien passé de nouveau. Comprends po. Je m’attendais po à ce qu’on rechange d’heure, mais je me disais bien que y aurait un truc nouveau, ben non. Cela dit, rien que ça, en soit, c’était bizarre. Ouais, chui tombée, mais c’est comme d’hab, et j’ai été envoyée à l’avant du bateau plus souvent qu’à mon tour, ouais comme d’hab aussi. Ça, ça va ptêt me faire tourner schizophrène. Quatre dimanches d’affilée que je suis deux. Le mât et la proue. « Anne aujourd’hui tu es le mât et la proue ». Tout ça ? Ben ouais. Ca veut dire faire des bonds avec mes genoux quand y faut changer de voile, paske le bateau fait « pof pof » sur les vagues, mais bon, des gros pof pof, hein, que on touche le bateau et après on le touche pu. Ça veut dire aussi, quand la mer est calme, être vautrée à l’avant du bateau et bronzer. A Wellington, la mer est pas calme. Mais le jour où je serais le mât et la proue ailleurs, alors là je récupère mon dû de bronzage. Pour l’instant je fais le vautrage. Mais mon tour viendra. On a croisé une quinzaine de pingouins, normal, la température de l’eau aurait monté, on l’aurait su. On a eu un vent capricieux que l’instructeur nous a demandé pour la première fois de mettre des gilets de sauvetage et en a mis un aussi, là on s’est dit que ça venait pas que de nous, le sentiment de pas trouver naturel d’être techniquement assis dans le bateau mais d’avoir dans les faits le buste quasi parallèle à la mer… Enfin, voilà, rien à signaler. Pour me divertir, au lieu de rester avec mes nouveaux amis debateau, je suis rentrée à la maison nettoyer notre appart. Paske ici, les proprios ont le droit de visiter l’appart de temps à autre. Vous recevez une lettre le jeudi qui dit inspection le lundi. Faut être soit très rangé soit très flexible. Nous on joue sur la flexibilité. Donc dimanche soir, nettoyage. Sympa, tous les 5 ensemble, enfin, tous les 4 paske Joël, lui, il s’est dit que c’est ce soir là qu’il avait envie de partir de bonne heure chez sa copine. Comme c’est le seul de l’appart qui est maqué, imparable l’excuse. Bien ouéj. M’enfin, on a su gérer à quatre, on a pas les mêmes techniques de nettoyage mais ça a marché. Et la proprio était plutôt contente. Une chose de signalée uniquement : « Le ventilo de la salle de bain des filles fuit ». Ah. Ça, si quelqu’un peut m’expliquer… J’ai bien vérifié dans mon dico, le mot anglais pour ventilo n’est pas un synonyme peu connu pour bouteille d’eau, robinet ou tout autre objet répertorié comme pouvant effectivement fuir mais pourtant, notre ventilo fuit. Deux choses : D’une, après avoir bien inspecté à mon tour, je ne détecte pas de fuite. Vraiment, c’est quoi une fuite de ventilo ? Trop d’air ? des gouttes d’air qui tombent, comme les diffuseurs de parfum dans les salles de sport qui font pchhhhhh au dessus du miroir et que quand tu te maquilles en dessous, après, tu sens brise marine ou vanille des îles pendant quelques heures ? Ben non, je suis restée en dessous, rien. De deux, comment on répare une fuite de ventilo ? une fuite d’air, ça se répare avec une rustine. Mais si je colle une rustine sur mon ventilo, j’en conclus, si ma rustine fait son travail de rustine sur mon ventilo, que mon ventilo ne pourra plus faire son travail de ventilo. Je suis perplexe.
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Moi aussi et ... encore une tentative pour un bon dimanche
Un de plus. Un jour de voile auquel j’ai survécu. D’autant plus méritoire que j’ai failli ne jamais y aller. Je me suis couchée un tit peu tard la veille, rien de bien palpitant, ben non, bienvenue dans ma vie, j’ai juste regardé en boucle des dvds en buvant une bière et en mangeant de la glace. Glamour-land, c’est chez moi. Bref, 7h30, scotché au matelas, le renne, les bois en vrac et aucune envie de sortir de dessous la couette et pourtant le sentiment que si je n’allais pas au cours de voile, ce ne serait po le cours de voile qui viendrait à moi. Donc hop hop hop, on se remue les sabots et à la douche. Et on se fait sa petite salade de repas de midi, on prépare son petit sac-à-dos avec ses baskets de rechange et ses chaussettes post-navigation, un retour avec les pieds qui font flotch flotch la semaine dernière me suffira pour le mois. Et malgré une extrême lenteur, je ne suis pas une personne matinale, j’arrive à partir de ma maison à l’heure. Avec le peu de personnes qui éprouvent le besoin d’être dehors le dimanche à 8h30 du mat’, je finis par avoir mes habitudes, comme le monsieur qui nettoie le parking devant l’église avant l’arrivée de la foule, des petits riens qui font mes dimanches matin. Ce matin, po de monsieur devant l’église, le parking à peine humide. Presque un traumatisme, mais allez, on continue, c’est qu’on a un équipage qui nous attend. Je continue mon chemin avec ma musique dans les oreilles, un tit peu plus de monde en ville que d’habitude, y a po de soleil, plutôt de la pluie, même, mais c’est le printemps depuis 1 mois officiellement, ça doit motiver les gens. Avec 10 minutes d’avance, j’arrive près de la baie où il y a le club de voile, je commence à ralentir le pas, ça sert à rien d’arriver trop tôt à part pour attendre devant la porte du local, et comme y fait po beau, po de raison de poireauter pour rien dans le froid. Et là, que vois-je d’aussi loin que mes yeux de renne me le permettent ? Une floppée de petits bonhommes qui s’agitent sur deux bateaux blancs, en salopettes rouges. Ben ? Comment c’est possible ça ? Comment ils ont fait pour être là si tôt ? Du coup, je represse le pas, y z’ont l’air bien actifs, ce serait con que je les rate, je suis pu loin du bol de sangria, je veux po être le fruit échoué. Je dis bonjour vite fait en arrivant au local, les autres répondent et là j’entends un monsieur que je connais po dire « Bonjour ? Comment ça bonjour ? Tu fais partie du cours ? » Avant que je me désintègre, le moniteur que je connais répond un oui dynamique, merci Fabrice, au moins je sais que je me suis pas trompée de club, de ville voire de dimension… « Ah, ben enchanté, alors, moi c’est Iain, je suis le moniteur pour aujourd’hui, et toi ? » « euh, enchantée je sais pas, mais c’est Anne » « Anne… ? Oh ! … Anne ! » Alors tu m’enlèves ce ton tout de suite, pask’il me met po à l’aise du tout, ce « Oh ! … Anne ! ». Deux semaines que je me demande à quel moment le fait d’être sortie avec un des instructeurs du club, qui vient certes de déménager sur l’autre île du pays (oui je fais cet effet aux gens : ils perdent leur emploi, tombent en dépression et déménagent pour mettre au moins un détroit entre nous. Bon, ok, c’est moins mélo que ça, il a juste trouvé un travail sur l’autre île mais ça sonne moins bien), à quel moment le fait d’être sortie avec un des instructeurs du club, disais-je, me rattraperait. Mon petit doigt me dit que c’est maintenant !!! Et que je serais po étonnée que mon ancien rencard soit pote avec mon nouveau moniteur, qui vient donc de rencontrer la rouquine française qui s’est inscrite au club et dont son pote lui a signalé l’existence. J’adore ma vie mais ça me gêne pas du tout qu’on m’oublie. Mais Iain a enchaîné, tant mieux paske moi, je pouvais pas me fendre d’un « Iain ? … Oh ! Iain ! », ça aurait trop fait le renne qui copie, après. Donc Iain me dit « bon, on vient de passer 45 min en classe, tu les a ratées mais ce n’est pas grave, maintenant on va sur le bateau »… ???!! … Apparemment je fais hyper bien le point d’interrogation avec mon visage, paske Iain a vu que y avait un truc que je suivais pas. « Tu sais bien, aujourd’hui ? » Quoi ça ? On avait rendez-vous à 8h ? « Je suppose que tu sais qu’il est 9h50 et qu’on a changé d’heure cette nuit ». Ah ben mon gars, faut pas trop se lancer dans des suppositions, je ne sais pas encore ce que tu sais de moi, mais là, tu te trompes. Quoi ça on a changé d’heure ? Mais y a pas des gens qui disent, dans ce pays, quand on change d’heure ??? C’est quoi, faut appartenir au réseau du changement d’heure pour avoir les sms gratuits le weekend qui dit « change ton horloge ou ce sera dans ta face » ? « Ben non Iain, je savais po… » « Pourtant j’ai essayé de t’appeler mais j’ai pas réussi à t’avoir ». T’as essayé de m’appeler ? Pour me prévenir du changement d’heure ? C’est comme au Québec, les jours de neige, on a tous le numéro de téléphone d’un collègue qu’on doit prévenir, en cascade, dès qu’on est soi-même prévenu qu’il y a trop de neige et que l’école est fermée ? (pour ceux qui ne comprennent po, je vous envoie les explications détaillées du système de la cascade quand vous voulez) Toi t’es mon pote de cascade pour le changement d’heure en Nouvelle-Zélande ? Po efficace le système. T’as appelé à ? 9h30 ? Ouais donc déjà j’étais forcément en retard. Bon pis il était 8h30 dans mon horloge à moi, c’est le moment où je me greffais ma musique dans les oreilles pour commencer mon chemin. « Mais t’as de la chance, on est pas encore partis… » De la chance… Oui, je cherchais le mot… Cela dit, tout prend sens. Le parking de l’église n’était pas « à peine humide » mais bien presque sec, une heure après, et mon monsieur du parking n’avait pas pas fait son apparition, il avait juste fini son travail. Et tous ces gens en ville, ils étaient po matinaux, il était juste tard. Voilà voilà… Ça tombe bien que ça me soit arrivé, cela dit, sinon j’aurais rien eu à raconter, le cours s’étant déroulé normalement. Presque bizarre du coup. Mis à part que le moniteur a effectivement l’air d’avoir eu des consignes pour être gentil avec moi (oui c’est au moins un avantage, en général mes ex tiennent plutôt des propos sympas sur moi auprès de leurs potes, ils sont juste déprimés, pas méchants), rien de remarquable dans les deux sorties en bateau : la mer était calme, le vent po déchaîné, et on avait tout le temps de manœuvrer et d’écouter l’instructeur sans se demander si le fait de desserrer les doigts une fraction de seconde allait nous faire passer par dessus bord. Il a même fallu qu’on prenne un seau et un flotteur pour simuler la manœuvre du sauvetage d’un homme à la mer. La semaine dernière, Shelbey, elle nous aurait éviter de chercher un seau...Du coup, comme y me reste pu qu’un dimanche, je me suis ré-inscrite pour 4 journées supplémentaires, les deux weekends complets de fin octobre, on peut pas rechanger d’heure d’ici la fin du mois… Ouais… On sait jamais…
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Moi aussi et ... un weekend banal
Au bureau, en ce moment, chui un tit peu à cran. On se coltine des divas qui changent leur rdv paske leur coca est pas assez frais pour l’interview, nia nia nia, j’essaye de bosser avec le rectorat de Tahiti qui est donc définitivement plus un lieu de vacances que de travail, etc, même pu le temps de faire ma pause café, nan mais enfin !!
Le weekend, je me relâche, je fais du bateau, et du coup le lundi c’est plus dur. Donc mes boss, pour m’aider, se sont dit que ce serait salutaire de me sucrer mon weekend, en me mettant jury dans un concours de français, pour écouter 15 cassettes de 20 minutes chacune samedi. Aujourd’hui. C’est super. Pour les littéraires, ça veut dire 5 heures d’écoute.
Du coup, mon weekend de cette semaine commençait vendredi à 16h après le travail et finissait ce matin à 10h. Trop long. Du coup, mes boss qui font bien attention à moi m’ont demandé à 15h30 si j’avais des plans pour ma soirée. Alors ça, venant de vous, je trouve que c’est louche… « Oui, mon ancien coloc s’en va en Australie après demain alors on passe la soirée ensemble. » « Ah.. Elle est à quelle heure votre soirée ? » Merdeuuuuh pourquoi j’ai dit « soirée » ? Si je dis 16h05, y vont se douter que j’invente… « Ben plus tard… » « Donc vous êtes libre pour aller à un cocktail à 17h30 ? » Heu, enfin, c’est que… « Super, je préviens la réceptionniste ».
Bravo. Merci. Alors mon café potin avec ma copine à 16h05, je peux oublier ? Et pis je suppose que là, en baggy basket, j’ai pas la panoplie cocktail, c’est ça ? Donc je ferais mieux de rusher à la maison pour aller mettre ma robe de fée ? Génial.
Alors je rushe.
Enfin, je veux rusher. A force, je devrais savoir, si je veux faire un truc, y a un peu gros de chance que ce soit non. C’est comme ça, y a les gagnants et y a les rennes. Donc, en train de marcher vite avec ma copine de potins, française elle aussi, on parlait pour po perdre le temps de potins, et en français, paske sinon on aurait l’air con. Et là, un Kiwi nous dépasse, se retourne en souriant, avance un peu et puis s’arrête pour me dire « tu cherches pas un appart’ ? » « nan, ça va merci » « paske nous on cherche des colocs » « ouais mais non » « mais c’est juste là, en face, tu me passes ton numéro et pis tu viens le voir » « nan merci a na déjà un appart, elle te dit » « ben à ce moment, t’as qu’à venir le visiter maintenant ? » Mais enfin ??? C’est quelle lettre que t’as pas compris dans le mot « non » ??
Bon, j’arrive dans ma maison, je me change en fée, enfin en fée d’après-midi, je veux pas non plus avoir l’air d’une dinde. Et re-rush dans l’autre sens, mais en taxi, y a moins de chance qu’on me propose de visiter un appart ou alors là, c’est vraiment bizarre.
J’arrive à l’heure. On est po beaucoup. Je vais ramer. « Bonjour, vous voulez vous inscrire au speed dating ? » Ah. Alors effectivement, mon Kiwi moniteur de voile et moi, c’est pu d’actualité, mais du coup je pensais pas que ça les faisait, les actualités, et que on m’abordait pour du speed dating direct. « C’est du speed dating littéraire, vous avez 4 minutes pour parler avec un écrivain Maori de ses œuvres ». Wow wow wow ! Nan mais là je dis non. On me dit « cocktail » j’entends « champagne », pas « le bateau livre sur la cinquième ». Au bureau cette semaine, j’ai lu Elle et Le Petit Spirou. J’ai po le sentiment que ce soit gros de littérature maori, ça… Dommage.
A la base, je devais aller à ce cocktail pour rencontrer James George, un écrivain maori qu’on subventionne. Et faire connaissance. Et lui demander de pas oublier de payer les deux nuits d’hôtel qu’il doit pour son prochain déplacement. Ça a donné « bonjour, je suis le petit renne, vous savez, les dizaine d’e-mails par semaine » « bonjour, je suis James George » Ben oui, je sais, j’écris pas des e-mails à tous les gens juste pour pouvoir avoir ça comme phrase d’accroche. « Bon ben voilà… Vous venez pour discuter de mes livres ? » Ah donc vous en avez bien écrit, c’est ça. Mince. J’avais espérer que non, ça m’aurait donné une bonne excuse pour po les avoir lus. Bizarrement, je me suis po sentie de lui demander de la thune, par là-dessus.
J’ai préféré aller voir ailleurs si j’y étais. Derrière le pilier, tiens, là, cachée, chui bien… Oh salut. Devant moi, là, le chanteur des « Fat Freddy’s Drop ». C’est LE groupe Kiwi. Y z’ont même été en concert à Paris fin juin dernier. Et lui, alors, il est maori, je sais pas s’il lit du James George, mais les maori ont un côté solidarité que leur envieraient plus d’un breton, et du coup, lui, même sans avoir rien lu, il a le droit d’être là. Et moi j’écoute Fat Freddy’s Drop. Donc ça rattrape ? Alleeeeez… Bon, le speed dating, je me suis inscrite mais je suis partie avant le début. Mais techniquement, je peux dire que j’ai été à un speed dating en même temps que Joe Dukie des Fat Freddy’s. C’est un peu comme si votre grand-mère allait à un thé dansant avec Julio Iglésias. Vous voyez l’excitation ? Pareil.
Après 2 coupettes, je suis repartie à la maison, on se rechange, paske la robe de fée n’est pas de rigueur pour dire au revoir à son ancien coloc préféré.
Mon coloc préféré est un goujat complet de 22 ans qui est absolument odieux avec les filles, qui sont plus des scores que des filles, sauf deux. Sa mère et moi. Je sais pas pourquoi. Mais c’est une bonne chose, ça fait par exemple que ses potes et lui me parlent comme à un être humain. Du coup, j’ai passé une bonne soirée, et moi, contrairement à eux, je m’en souviens, mais ça aussi, en buvant pendant 8 heures, on perd un peu le fil. C’est po que j’aurais po pu jouer, j’ai déjà fait dans les mêmes scores, mais j’ai po oublié, demain je bosse. Donc je vais rentrer.
Samedi, boulot, rien à dire, un tout petit peu chiant, mais fallait un volontaire, on m’a dit après coup ce pour quoi j’étais apparemment volontaire, pas de bol mais pas inhumain.
Et Dimanche … Ah ah Voile ! Ouaip, voile, deuxième !! Eh ben la première fois, c’était rien à côté.. Là, y a pas eu de feinte, ça a soufflé en rafales dès le réveil, les cheveux en équerre, tout est normal. Un peu le bide tendu quand même à l’idée d’aller en mer, là… « Nan, nan, on va sortir, c’est limite mais on annule quand même pas le cours »… Limite… J’ai tendance à les repousser, moi, les limites, déconnez pas ! Mon rôle de la première sortie, ça a été d’être à la barre. Ca me change du mât et de la proue. C’est bien sauf que du coup, « Anne, tu te souviens des consignes que tu dois donner à ton équipage ? » ben non. Non moi je sais que quand on me dit « hisse la voile », je me jette en haut de la corde et j’attends que la loi de la gravité fasse son travail. Là, je sens, si je me jette sur la barre et que j’attends je vais avoir faux. Du coup, l’instructeur a préféré donner les consignes et je me suis dit que po être la proue, ça me faisait des vacances. Et puis on est sortis du port et j’ai moins aimé. Je l’ai po fait exprès, mais pour vous donner une idée, c’est comme si, à la sortie de l’autoroute, vous décidiez de sortir sur les deux roues d’un côté seulement. Ca fait de la peur, et c’est pas confortable. Imaginez que vous faites ça 5 heures. Et imaginez que le volant c une barre en mousse que vous tenez d’une seule main. Po confortable.
Et pis qui dit vent dit vague. Dans ta face. Alors tu te tournes, mais la vague aussi et dans ta face quand même, la prochaine vague. Et c’est des vagues mouillées, qui font donc un bateau mouillé, qui fait donc un sol glissant. Et nous, on est des truffes, encore, en navigation, donc on s’entraine essentiellement à virer de bord. Et on vire et on revire et ainsi de suite. Histoire de voir si on se la pète pas quand on dit qu’on a pas le mal de mer. Pour l’instant on se la pétait pas. On verra la prochaine séance.
Mais du coup, sol glissant, bateau penché, mer agitée, on avait po mal d’ingrédients pour se gaufrer. Alors on l’a fait, bien comme y faut. A voir mes bleus, je me suis pas foutue de ma gueule. Shelbey non plus elle est pas venue pour rien. Shelbey, la semaine d’avant, elle était pas là. La semaine où y faisait beau. Elle aurait mieux fait d’inverser ses absences. Je dis ça, je dis rien, mais pour mon premier cours, moi, j’aurais pas aimé me retrouver la tête dans l’eau. Nan, pas du tout. Et Shelbey, elle, elle a po eu le choix. On a fait un virage où elle et moi on avait des positions symétriques, toutes les deux à nos winchs respectifs, mais pour le coup, je vais garder le mien… Paske Shelbey, ça penchait tellement, le bateau, qu’elle s’est retrouvée à genoux sur ce qui était le dossier de la banquette où on est normalement assis et donc, en position parfaite pour piquer une tête, ce qu’elle a fait ! Pouf, la tête la première entre les filins de sécurité. Donc la tête coincée sous le premier filin, dans l’eau jusqu'à la taille, les pieds sur le bateau, encore heureux. Trois autres l’ont attrapé par le pantalon, moi j’ai pas pu paske j’étais enroulée à mon winch pour po dégringoler sur Shelbey pisque mes pieds avaient po de prise au sol. Après, Shelbey, elle a continué à faire du bateau paske de toute façon on était loin du port, mais elle avait l’air crispée. Et refroidie.
Et pis Chris a pris le gouvernail, mais Chris a eu un accès de panique parce que, oui, ça secouait vraiment fort et il a pris un virage un brin trop court quand mon rôle était de m’occuper de faire glisser la baume d’un bord à l’autre, c’est à dire de faire coulisser les poulies en fer de la voile sur un petit rail en fer aussi. Ce souci du détail de fabrication n’est pas anodin. Comme Chris a tourné un peu sec, le bateau est passé de penché à droite à penché à gauche en deux secondes 5, le temps qu’il m’a suffit pour tomber. Sur mon rail. En fer. Et sa poulie. En fer aussi. Ca m’a énormément rappelé la fois où je me suis écrasée le coccyx dans une flaque sur un rocher en allant voir les baleines au Québec. Le côté dur du contact et le côté humide aussi.
Normalement, quand on se vautre, ce qui à voir mes jambes m’est arrivé très souvent, on se relève très vite pour dégager l’espace et pas provoquer la chute des autres. Ben là, désolée, j’ai bien pris mes 5 secondes pour retrouver ma respiration et pour pas pleurer devant mes petits camarades, paske ouh là là, ça pique un peu, là !
On a continué le même genre de péripéties, pendant 4-5 heures, pis après, hop, le port, la maison, tout ça, et je m’attendais, comme la semaine dernière, à reprendre à la fin le rôle que j’avais au début, au gouvernail, puisque entre temps on fait des rotations pour s’entraîner un peu à toutes les fonctions. Et donc, baisser les deux voiles en étant à l’avant du bateau penché et tapé par les voiles, ce sera po pour moi. Eh ben si ! « Anne, tu veux bien aller au mât et à la proue ? » Mais j’en rêvais ! Faut commencer par descendre le génois, donc se mettre à genoux à l’avant du bateau et tirer sur la voile. Facile. Mais avec les vagues, à genoux, ça donne « je touche le sol, je touche po le sol, je touche le sol, je touche po le sol, je touche le sol, je touche po le sol » ce dont mes bleus témoignent aussi. Pour la grande voile, ça se complique un peu, c’est debout sur le toit de la cabine, et ça penche. J’ai fini par me caler sur trois câbles, fini dignement, trempée mais digne, très bien. Le prochain cours, c’est dans 9 heures. J’ai hâte.
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Moi aussi et ... le voilier
Ca faisait un an que je le disais, aujourd'hui je l'ai fait. Mon premier jour de stage de voile. J'ai commencé à avoir ça en tête assez rapidement en arrivant à Wellington, pour plusieurs raisons. 1/ Y a po, passer sa vie dans les bars, c'est bien le loisir le plus commun et le plus accessib, mais ça apporte moyennement po d'évolution personnelle, mis à part vers une cirrhose. 2/ La plongée, alors j'aime bien, j'aime beaucoup, mais trop frais, par ici, la flotte, même les poissons y s'y baignent po. On a des pingouins qui viennent faire les malins dans le port, ça prouve très certainement que l'eau est très propre, pour un port, mais bon, vous en conviendrez, Ibiza, les Seychelles, Fidji, ça se bat pas en rangs serrés de pingouins hein. Les pingouins ça se range plus avec les ours polaires que les girafes, par exemple, à part dans "Madagascar", mais là si on accepte l'idée qu'un zèbre peut être poto avec un lion et se taper la discute avec une girafe hypocondriaque, on peut accepter l'idée qu'un pingouin vive sur une île tropicale. Certes. Mais je vis pas chez DreamWorks et les pingouins, ça veut dire qu'il fait froid. Tout ça pour dire que je plonge po. 3/ Wellington est officiellement reconnue comme la ville du vent, les jours où il y a des rafales à 100km, c'est considéré comme normal. Donc un sport d'eau où on est po dans l'eau et que c'est bien quand y a du vent, ça nous donne ... La Voile ! Voui un an pour se décider ça fait long, mais en général, à Wellington le weekend y pleut à torrents, donc aller enquêter auprès des clubs de voile revient au même que faire de la plongée, on est trempés tout pareil. Mais entre temps, j'ai rencontré un nouveau Kiwi qui, parmi ses divers talents, est moniteur de voile, et c'est quand même bien plus facile d'avoir les infos à la source. Ce qui est effrayant, c'est que si j'avais rencontré un champion de curling, j'aurais peut-être aujourd'hui même passé 7h à balayer comme une malade derrière mon palet. Ouh là. Ca fait peur, des trucs comme ça. Heureusement c'est po arrivé. Bon évidemment, comme je me suis acheté beaucoup trop de chaussures, j'avais pu de sous, j'ai du attendre avant de m'inscrire, ce qui nous a laissé le temps de nous séparer, et ainsi d'être un peu emmerdée entre le fait de ne po faire de voile (mais après tout, j'ai bien tenu 27 ans sans en faire) et le fait d'en faire peut-être avec mon ex tout frais mais sans le savoir avant le jour même piske le club décide un peu à la dernière minute. D'un coté mon ex a perdu son travail (je crois que je porte la poisse comme pour les chats-plats le jour de mon examen) donc il a besoin d'argent, mais en même temps, il est un peu déprimé (oui alors là, je commence à me dire que ça vient de moi..) donc ça l'intéresse po trop de donner des cours et de faire le mariole en salopette plastifiée tout le weekend. Au total, c'est le coté déprimé qui a eu le dessus, et considérant mon palmarès, je n'en attendais po moins de lui. Bref. Donc ce matin, j'ai pris mes tites barres de céréales (les Kiwis sont gentils, ils donnent des ptites brochures pour po qu'on soit en rade : "le cours est de 9h à 16h30, ce qui veut dire que c'est vraiment à ces heures là et que vous aurez ptêt faim alors prenez votre lunch" , mes tites chaussures de rechange (là aussi la brochure : "on fournit les pantalons et les vestes imperméables, ce qui n'inclut pas les chaussures (ah bon?) donc si vous pensez que vous allez peut-être avoir les pieds mouillés, prenez des chaussures en plus" j'aime cette façon de faire comme si c'est vous qui aviez l'idée, des fois qu'on se dise que c'est juste pour faire une phrase plus longue qu'ils ont ajouté le coup du "si vous pensez que peut-être" et pis je suis sortie de ma maison direction le club, une tite demi-heure de marche à 8h30. Alors ce qui m'a saisi en sortant de chez moi, c'est l'absence totale de vent. Ca fait un an que j'ai abandonné toute espérance de style capillaire et le jour où y me faut du vent, po un pet. Bravo. Bon ben on va po échouer à deux mètres du bol de sangria, on y va quand même. Bon. On y est. Ouh là là c'est le moment que j'aime po, c'ui où y faut faire sa sociable, bonjour comment ça va bien, et en même temps repérer si qui que ce soit dans la pièce ressemble à un ex à moi. Boh, un seul, à la limite, ça va, mais je me verrais moyen avec un équipage d'ex, en plus avec des ptites salopettes et ces gros K-Way, je serais foutue de me tromper. Coup de bol, Bob, Chris, Fabrice, Craig, Kevin, Memi, si ma mémoire me fait po défaut, je connais po. On s'est fait un tit cours d'intro, pis des manoeuvres dans le port pour apprendre à s'amarrer en marche arrière "c'est comme en voiture" merci ça m'aide beaucoup, pas conduit depuis 2000... Et après, c'est parti. Mon rôle à moi pour le début et la fin, c'est le mât et la voile avant. Vous z'attendez pas à des termes techniques de ma part, j'ai tout appris en anglais donc en français je fais dans le descriptif. Quand je dis mon rôle c'est le mât, cela dit, c'est pas descriptif au point de faire le mât, hein, je suis juste sensée m'occuper de ce qu'il y a à faire dessus. Comme par exemple hisser la voile. Là, techniquement, y a des choses possibles et y a des choses popossibles. Monter une voile en haut du mât avec un bon vent et des bras de renne, c'est dans les choses popossibles. Déjà, avec le vent et ma voix de têtard, quand j'essayais de crier que "ce serait plus facile si vous détachiez les attaches qui tiennent la voile roulée sur la baume", y m'entendaient po, y se demandaient juste pourquoi je montais po la voile, heureusement ils ont compris après quelques petits mimes de renne, mais quand elle est arrivée presque en haut et qu'il a fallu finir, ça a pas pris longtemps de voir que je suis moins forte que le vent. Selon le moniteur, la technique est simple, il suffit de se jeter sur la corde à tirer, coller ses sabots a la base du mât et tirer de tout son poids. Ouais. Simple. Ben je pèse moins lourd qu'une voile gonflée par un gros vent. C'est rassurant si on veut mais ça aide po à faire avancer la machine. Après, on a joué à tous barrer, virer et régler les tensions des voiles à tour de rôle. Quand je dis jouer, je me comprends. Par exemple, c'est que après que le bateau a très très beaucoup gîté (couché sur le coté très fort) et que le petit renne, forcément en charge de la corde du coté penché..., a roulé en boule dans un coin du banc, que le moniteur a dit "y a une position qu'est bien pour po tomber quand ça gîte et qu'on est en bas (hmmm, je crois que c'est pour moi, ça), c'est de se mettre à cheval sur la banquette". Ouais. C'est vrai c'est facile. Et je suis sûre que j'aurais trouvé ça facile aussi si j'avais eu l'occasion de le faire sèche. Mais trempée, c'est bien aussi. On a été deux à se prendre toutes les vagues. Linley et moi. Je sais pas pourquoi, Linley disait que c'est notre magnétisme qui attire l'eau (???), moi je dis que j'ai juste la poisse. Ca a ptêt po l'air mais ça a été une journée qu'elle a été bien bien bonne, tant mieux paske j'ai signé pour 4 au total donc autant que ça plaise !
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